La Commission Docteur

24 octobre 2011

En ces temps de commission d’enquête et de judiciarisation des rapports sociaux, il apparaît maintenant comme la norme de chercher un coupable, de l’identifier clairement et de le punir en conséquence. Or, dans le cas actuel, il est difficile de nommer un coupable pour la série d’insuccès du CH. C’est pourquoi le Docteur CH lance la Commission Docteur pour débusquer les responsables des six défaites consécutives du début de saison.

Le Docteur revient de loin. Il n’a pas tenu de camp d’entraînement. Mais la forme est encore là. Et la motivation aussi. Facile puisque, comme vous le savez, le Docteur CH apparaît en présence des 3D, concept qui n’a rien à voir avec la qualité de sa TV. Plutôt, le concept des 3D est à la base même de l’existence du Docteur, et les moments de ses apparitions sont fortement influencés par la présence des D. Les 3D prennent la forme suivante : défaites, demandes et dingos.

Défaites : comme celles qui sévissent à l’heure actuelle.

Demandes : comme celles que le Docteur reçoit quotidiennement maintenant.

Dingos : comme les morons, amateurs ou professionnels, qui sont beaucoup trop proches de leurs sentiments pour mériter une quelconque tribune.

Bref, les 3D apparaissent habituellement au même moment, avec bien sûr les défaites comme élément déclencheur.

En attendant le Congrès où seront annoncés les détails de la Commission, le Docteur vous donne toutefois ces éléments de réflexion avant d’entreprendre l’étude détaillée. Il s’agit d’un avant-goût du style que vous appréciez tant. Comme le rappelle la formule consacrée, il faut être fan de hockey avant d’être fan du CH, cela permet de mieux apprécier le spectacle, peu importe l’issue. Ainsi, ce soir, le Docteur a vu un match comme celui-ci :

J’ai vu Peter Budaj jouer un gros match.

J’ai vu Erik Cole rentrer au net et effectuer 6 lancers, et ses coéquipiers en ajouter 35 autres.

J’ai Petteri Nokelainen remporter les 4 mises en jeu auxquelles il a participé.

J’ai Diaz et Weber gérer le power play de façon très solide. Et Weber être le plus utilisé du CH, à près de 25 minutes.

J’ai vu Kostitsyn encore une fois vouloir.

J’ai vu Eller profiter de l’absence de Gomez pour solidifier son poste sur le deuxième trio.

Et j’ai vu Jovocop jouer un beau match, comme dans le temps à Vancouver.

Bonne nuit. La Commission devrait débuter demain, qu’en diront mes ministres…

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L’énigme du retour

24 octobre 2011

Vous connaissez la différence entre le CH et le Bixi?
Aucune. Dans les deux cas, ce sont les utilisateurs occasionnels et ceux qui n’y connaissent rien qui critiquent le plus…

Pré-saison – Match 1

20 septembre 2011

Heeeeeeeeeee-haaa!

It all comes down to this…

15 juin 2011

Je suis un fan des Canucks depuis le début des années 1990, avec l’arrivée de Pavel Bure dans la LNH (je ne parlerai pas de mon historique Montréal-Québec-Montréal, tout est dans mon livre).

Je suivais à distance ses exploits, à l’époque où il était très difficile d’avoir des nouvelles du sport le matin sans avoir le câble et l’abonnement quotidien au Soleil. Je me tapais donc les shows du matin en attendant les résultats de hockey, attendant le signal de Guy Mongrain et du gars qui animait à CBV 980.

Je me rappelle les Séries de 1994, où, après une première ronde épique contre Calgary et des rondes 2 et 3 où Dallas et Toronto n’avaient pas fait le poids, la Finale avait été un échange complètement fou de momentum, finalement remportée par New York.

Je me rappelle le déménagement du Pacific Coliseum au General Motors Place, et les arrivées de Mogilny, Naslund, Messier et Bertuzzi.

Je me rappelle l’échange de Pavel Bure, celui qui faisait passer Dave Babych pour un grand passeur.

Je me rappelle le repêchage des frères Sedin, mon premier contact avec la réalité du cycle du joueur de hockey, et comprendre qu’une recrue n’est pas nécessairement aussi prolifique que Bure ou Selanne.

Je me rappelle la domination ridicule du trio Naslund-Morrison-Bertuzzi, et le retour au bercail de Trevor Linden.

Je me rappelle l’évènement Bertuzzi-Moore, qui a terminé une carrière et envoyé une autre sur la pente descendante.

Je me rappelle les espoirs mis en Dan Cloutier et Alex Auld comme gardiens d’avenir, avant de finalement obtenir un vrai gardien numéro un, Luongo.

Je me rappelle les départs successifs de Jovanovski, Ohlund, Naslund, Morrison et Bertuzzi, qui formaient à eux seuls une équipe étoile hors-catégorie.

Je me rappelle l’explosion des Sedin l’an dernier, l’année même où je les avais réunis dans mon pool.

Je me rappelle le retrait du 19 de Markus Naslund cet hiver, durant lequel j’ai pleuré.

Je me rappelle le match 7 de la première ronde contre Chicago, où Luongo a amené le club en prolongation.

Aujourd’hui, septième match de la Finale, il n’y a qu’une chose dont je ne me rappelle pas. C’est d’avoir été aussi proche de remporter la Coupe. Vancouver, c’est mon club historique. Avant Québec, avant Montréal, avant le moins-pire-des-deux-clubs-en-Finale, avant Team Canada, avant même le hockey en lui-même, il y a les Canucks.

Et ce soir, je fêterai ma première Coupe Stanley en carrière.

Bon match,

Docteur CH

Le meilleur gardien de la Ligue!

18 mai 2011

Suite au festival hier soir à Boston, où les Bruins l’ont emporté 6-5, les statistiques de Tim Thomas et Dwayne Roloson ont été fortement affectées. Résultat, un gardien éliminé en première ronde trône maintenant au sommet du classement des gardiens en Séries. Avec son pourcentage d’arrêt de ,934 et sa moyenne de 2,11 buts par match, Carey Price est donc le meilleur parmi les quelque 25 gardiens utilisés en Séries cette année.

Le meilleur gardien de la Ligue…

Docteur CH

Wouter

9 mai 2011

Troisième étape du Tour d’Italie. Comme à chaque grand tour cycliste, la première semaine est habituellement donnée aux sprinteurs afin qu’ils démontrent leurs habilités avant d’être déclassés lorsque les étapes montagneuses débutent. Les étapes 2 à 6 sont donc le plus souvent sur le plat ou, s’il y a une montée significative, elle ne sera pas dans les 20 derniers kilomètres. Si un sprinteur prend du retard dans une montée, ses équipiers se sacrifieront pour l’amener à la ligne d’arrivée en premier. Donc, les grimpeurs ne perdent pas d’énergie à essayer de distancer le peloton, l’explication viendra dans les vraies montagnes.

La descente va bon train ce matin. L’échappée a une avance de quelques minutes. Les équipes de sprinteurs prennent quelques raccourcis : il est clair qu’ils vont rattraper l’échappée, force du nombre oblige, mais s’ils poussent un peu plus dans la descente, la tâche sera moins ardue sur le plat.

L’étape d’aujourd’hui ne déroge pas à la règle : le sommet du col de 3e catégorie se situe à 40 kilomètres de l’arrivée. Mis à part les 4 échappés, tout le monde franchit le col ensemble, et la descente, dans la plus pure tradition vertigineuse italienne, se fait à tombeau ouvert (ce qui, en langage cycliste, équivaut à 100 km/h dans les lignes droites). Nous avons donc, en plus du peloton de quelque 200 coureurs, la caravane, composée d’une voiture par équipe, des voitures des commissaires, des motos de service, des motos de photographes et caméras, bref, une grande file dans laquelle il est préférable de ne pas être pris à cause d’un retard dans la montée ou d’un problème technique.

Caméra-moto numéro 2. Voiture arrêtée dans la descente, qui crée un bouchon dans la caravane. Ce n’est pas une voiture d’équipe, mais la voiture blanche du médecin de course. Quelques coureurs se faufilent à travers le bouchon et ressortent en faisant signe à la caméra-moto de s’éloigner.

Le Tour d’Italie est reconnu par plusieurs, dont l’auteur de ces lignes, pour être la course la plus excitante de la saison. Les montées sont plus dures et plus nombreuses, les sprints plus serrés et parfois sur le pavé, les podium girls plus authentiques, l’image griche à quelques occasions et on manque l’attaque décisive…Bref, le Tour d’Italie, c’est pas mal plus italien. Et parfois, cette attitude old school amène les organisateurs à concevoir des parcours un peu trop intenses. En contrepartie, les coureurs sont très au fait des largesses de l’école italienne et, lorsque les organisateurs dépassent les bornes, les coureurs leur en font part. En 2009, après que Pedro Horrillo eût chuté 80 mètres dans un ravin et que, le lendemain, les organisateurs n’eurent pas fait déplacer les voitures garées le long du circuit urbain de Milan, les coureurs ont arrêté la course et ont fait part de leurs revendications.

Court flash sur le cycliste au sol. Coulée de sang sur le bitume. Visage du cycliste, au faciès asiatique. Pourtant, les deux japonais du peloton, Arashiro et Beppu, ne courent pas pour Leopard-Trek. L’équipe sino-hollandaise Skil-Shimano ne participe pas au Giro cette année. Et ce n’est assurément pas un coureur Mongol. Flash. C’est parce que son nez est déplacé. Même David Harmon, le commentateur de British Eurosport qui reconnaît les coureurs à partir des images de l’hélicoptère au-travers des arbres, n’a aucune idée de l’identité du coureur dont on vient de voir le visage durant cinq secondes.

Il existe une boutade selon laquelle on ne peut être un vrai coureur cycliste si on ne s’est jamais fracturé la clavicule. C’est en effet une blessure fréquente dans le cyclisme, et la plupart des pros ont appris à rouler malgré cet inconvénient. Contrairement aux autres sports, il n’existe aucune protection dans le cyclisme. Le hockeyeur aura toujours des épaulettes et un casque, le pilote de F1 est soudé à un harnais de sécurité, le nageur privilégie les piscines où il n’y a pas de requins. Le cycliste a un casque et des freins, dont l’efficacité dépend de plusieurs facteurs incontrôlables tels que la qualité du bitume et sa température, la force du vent et sa direction, les actions des autres coureurs du peloton, etc. La protection du cycliste, c’est sa confiance en son pilotage, en celui de ses collègues et en la qualité de sa monture. Oui, tout cela est abstrait. On dit qu’on ne peut pratiquer un sport en ayant peur. Cela est tellement vrai pour le cyclisme que les autres sports paraissent libres de dangers.

Les échappés ont été repris. Dans la légère montée précédant la ligne d’arrivée, un groupe de cinq cyclistes s’est détaché, duquel proviendra éventuellement le vainqueur. On apprend que le coureur au sol est Wouter Weylandt, coureur belge de l’équipe Leopard-Trek. Weylandt, 26 ans, possède un bon palmarès malgré le fait qu’il ait été équipier dans une équipe (Quick-Step) qui compte plusieurs gros rouleurs (Boonen, Devolder, Chavanel, Van De Walle). Weylandt a aussi un bon potentiel de sprinteur, de coureur de classiques et de puncheur, ala Philippe Gilbert.

J’ai vu en direct la chute (du moins, le passage par-dessus le garde-fou) de Pedro Horrillo au Tour d’Italie en 2009. J’ai vu en direct Jens Voigt embrasser le bitume et se fracturer la clavicule dans la descente du Col du Petit-Saint-Bernard au Tour de France 2009. À chaque course, un coureur prend le champ. Souvent, il y a plus de peur que de mal (considérant que les fractures ‘légères’ sont normales). Toutefois, une fois sur trois environ, le coureur quitte en ambulance. Drôlement, pour un sport aussi dangereux et où les occasions de blessures sont aussi fréquentes, la ‘mort au guidon’ (au niveau professionnel, s’entend) est plutôt rare. Je n’ai comme souvenir de la mort de Fabio Casartelli en 1995 que l’image des blocs de béton contre lesquels il s’est frappé la tête. Ce dont je me rappelle de la mort d’Andreï Kivilev en 2003, c’est que cet accident a mené l’UCI à obliger le port du casque. Quant à Isaac Galvez, je n’ai aucun souvenir de sa mort, sur la piste de Ghent, durant les Six-Jours de 2006.

Aujourd’hui, après plusieurs années à suivre assidûment le cyclisme professionnel, je suis témoin de ma première ‘mort au guidon’. J’aurais pu être en train de faire autre chose, mais j’ai décidé de regarder les 40 derniers kilomètres de l’étape. J’ai donc assisté à la mort de Wouter Weylandt, un coureur que je suivais de loin depuis deux ans, en partie à cause de son nom particulier. Aujourd’hui, je repense à cette fois où ma roue avant s’est mise à ballotter en descendant la côte de Beauvoir, à Sherbrooke. Je repense à la fois où un automobiliste m’a heurté intentionnellement. Je repense à toutes les fois où mon expérience m’a permis de maîtriser le vélo. Je pense à toutes les fois où rien ne s’est produit parce que je contrôle minimalement mon vélo. Et je pense à Wouter qui, bien qu’étant plus jeune que mois de 4 jours, était un bien meilleur pilote que moi. Malgré toute son expérience et tout son talent, il n’a pas pu empêcher une vulgaire pédale de heurter la chaîne de trottoir…

Repose en paix, Wouter

Quand damne le pion…

5 mai 2011

Dans le hockey, certains sont damnés, d’autres sont condamnés, alors que quelques-uns sont juste cons. Dans le cas des Flyers de Philadelphie, ces trois éléments sont réunis, ce qui les met en arrière 3-0, et l’Histoire ne se répétera pas.

Premièrement, Philadelphie est damnée parce que Jeff Carter, leur meilleur sharp shooter, est invisible en Séries. 10 points à ses 23 derniers matchs en Séries sur trois ans. Malheureusement pour lui, il est en train de se faire ravir le poste de meilleur joueur offensif des Flyers par Giroux, et van Riemsdyk n’est plus loin non plus. Monnaie d’échange cet été?

Deuxièmement, Philadelphie est condamnée parce que Chris Pronger n’a joué que deux matchs en 5 présences. L’effet Pronger est une règle établie, mais qui ne fonctionne que lors de l’année de son arrivée avec sa nouvelle équipe. Dommage pour la confrontation avec Chara, c’eût été d’une grande et rugueuse beauté de 13’3 et 470 livres.

Troisièmement, les Flyers sont cons. En fait, ça semble être le coach Laviolette, peut-être influencé par les têtes dirigeantes. Une grande démonstration sur la façon de ne pas gérer ses gardiens de but. Bobrovsky commence la série, gagne le premier match et se fait retirer dans une victoire de 5-4. Pas de problème, se dit-on, il est encore jeune et Philly a gagné le match. Eh non, au 3e match, Bobrovsky est dans les estrades et Leighton est substitut. Boucher commence alors les matchs 3, 4 et 5, avant de se faire sortir, encore dans une victoire. Leighton remplace et commence le 6 match, qu’il perd. Retour à Boucher, victoire de la série. 2e ronde, retour avec Boucher, qui se fait défoncer dans les 3 matchs qu’il commence. Leighton est disparu dans la brume. Bobrovsky finit les matchs de façon correcte.

Une mauvaise gestion des gardiens. Médiocre, même.

-Bobrovsky est leur gardien d’avenir. Peu importe si Philly signe Bryzgalov ou Vokoun cet été, c’est seulement en attendant la maturité de Bobrovsky, qui aurait été fortement aidée par une laisse plus longue en Séries.

-Boucher est un gardien substitut ou, au mieux, un gardien 1B. Je veux bien que Laviolette lui fasse confiance, mais un gardien 1B ne peut supporter la pression de tout un club, qui plus est en Séries, sur une longue période.

-Et Leighton. Le gars les traîne en finale de conférence et se fait montrer la porte l’année suivante au profit d’un kid qui arrive de la KHL et n’a aucune expérience en Amérique. Quand tout se met à mal aller, on garoche Leighton face à des Sabres motivés et on le sort après un demi-match. Je me demande si le gars n’a pas fait exprès pour mal jouer. Après le manque de respect que les Flyers ont eu envers lui, Leighton serait tout à fait excusé selon moi.

Comme quoi t’as beau avoir un gros club offensif et puissant, même damné, tu peux gagner. Mais si tu es con, oublie ça. Le hockey sense ne tombe pas sur les gens par hasard. Il faut montrer un amour et un respect pour la game. Autrement, t’es cuit, peu importe le gardien que tu signes à gros prix et qui te force à te débarrasser d’un gars comme Jeff Carter…

Docteur CH

La stat du match, 7e match

28 avril 2011

Mercredi 27 avril 2011, Victoire de Boston 4-3 en prolongation.

La statistique du match : 25.

25 ans, c’est l’âge que n’ont pas Carey Price, PK Subban, Max Pacioretty, Lars Eller, David Desharnais, Yannick Weber, Tom Pyatt, Ryan White et Benoit Pouliot.

C’est aussi l’âge que qu’ont eu il n’y a pas si longtemps Josh Gorges, James Wisniewski, Andreï Kostitsyn et, dans une certaine mesure, Tomas Plekanec et Micheal Cammalleri.

Et alors? Le rajeunissement est une tendance générale dans la LNH, en quoi le CH diffère-t-il? Il est vrai que la présence de plusieurs joueurs de 35 ans dans l’alignement montréalais fait chuter le CH au 21e rang des plus jeunes équipes. Il est vrai aussi que des équipes comme Los Angeles, Washington ou Pittsburgh présentent d’excellents jeunes joueurs, des vedettes comme Kopitar, Ovechkin, Backstrom, Crosby ou Malkin.

La différence avec le Canadien, c’est qu’à défaut d’avoir une superstar à l’attaque, nos jeunes forment un groupe uni mais hétéroclite (joueurs offensifs et défensifs de premier plan ou de profondeur), mais surtout, dont le développement est extrêmement bien encadré et dont la motivation est sans égale.

Reportons-nous en début de saison. Price était le joueur le plus détesté par plusieurs amateurs, Subban était envisagé comme un talent à polir pendant quelques saisons, Pacioretty était à Hamilton avec Desharnais et Weber, et Eller, n’eût été de la volonté de Jacques Martin de le ‘roder’.

Au lendemain de la défaite, ces joueurs s’imposent maintenant comme des morceaux importants de l’équipe. Price fait partie de l’élite des gardiens; Subban s’est imposé comme notre meilleur défenseur et a développé un sens de la défensive que plusieurs recruteurs ne croyaient jamais voir chez PK; Pacioretty est aujourd’hui à 80% de son développement en un attaquant de puissance dominant; Desharnais a réussi à appliquer dans la LNH son mélange de vitesse et de contrôle de rondelle qui lui a fait brûler la ligue américaine et la East Coast; Eller montre des flashes de plus en plus fréquents du centre responsable (inspiré de Plekanec ou Ryan Kesler) qu’il deviendra plus tôt que je ne le croyais; et ainsi de suite. Même Kostitsyn a montré que le processus de maturation existe réellement…

Bref, en regardant la poignée de main hier, je me disais que Boston avait effectivement un bon club. Mais en regardant les gars un par un, je me disais aussi que notre club ne repose pas sur un gardien qui sera à la retraite dans 5 ans, sur un seul défenseur qui parfois met son équipe dans le trouble, sur des attaquants certes énergiques, mais qui oublient par moment qu’ils sont dans la vraie vie et que leurs coups blessent d’autres joueurs, ou sur un newfie.

On a eu une très belle saison, merci aux gars.

À partir de maintenant, on coupe la barbe des Séries, on prend pour Vancouver et on écoute la saison de bicycle…

Docteur CH

La stat du match, 6e match

27 avril 2011

Mardi 26 avril, victoire de Montréal 2-1 dans le sixième match.

La statistique du match : 23.

23 mises en échec pour le Canadien contre 11 pour Boston.

Pas que le CH ait déclassé physiquement Boston, mais ce chiffre démontre que lorsque tu appliques le système, tu peux passer à travers n,importe quelle équipe, fut-elle reconnu pour son jeu robuste. Ainsi, hier soir, le chef des motards a été Paul ‘râpe à fromage’ Mara, avec 4 mises en échec, toujours très rudes. En fait, sur les 23 mises en échec du CH, 10 sont venues des épaules de Mara, Sopel et Gill. Le triumvirat a donc gardé les attaquants du Boston en respect.

Bien sûr, on ne gagne pas les matchs en ne faisant que plaquer. Mais cela permet d’aller chercher le momentum nécessaire pour donner quelques coups de jambes de plus pour éviter un dégagement refusé ou pour se jeter devant un lancer.

Comme on a gagné, je me permets d’ajouter deux statistiques du match. 0,969, l’efficacité de Carey Price, et 56%, le pourcentage du CH aux mises en jeu, mené notamment par le 86% de Halpern.

On aime ça. On aime vraiment ça.

Docteur CH

Ça sert à quoi, un gardien?

25 avril 2011

En échangeant avec un collègue de pool, j’ai entamé une réflexion…

Il existe des modes dans le hockey. Des modes qui influencent les directeurs-généraux et les amateurs dans leur vision de comment un club doit être construit pour gagner.

En 2007, après la victoire d’Anaheim, quelques DGs ont essayé, sans succès, de construire un alignement calqué sur celui des Ducks : rapide et agile tout en étant robuste et défensif.

L’an dernier, la randonnée du Canadien en Séries a démontré l’importance du système de jeu et de l’emphase sur la responsabilité en défensive. Après avoir goûté à la médecine du CH en avril passé, Washington a décidé cette saison de délaisser le tout-à-l’attaque pour faciliter la tâche de leurs défenseurs et gardiens.

Encore l’an dernier, deux gardiens peu expérimentés dans la LNH (Michael Leighton et Antti Niemi) se sont affrontés en Finale. Cela a donné des idées à certains directeurs-généraux, au point où les quatre gardiens s’étant rendus le plus loin en Séries (Leighton, Niemi, Nabokov et Halak) ne faisaient plus partie de l’alignement de départ de leur équipe au début de la saison actuelle.

Alors, est-ce seulement une mode passagère ou est-ce que la présence d’un gardien qui, pour citer Christian Bégin, est ‘correct, sans plus’ est suffisante pour aspirer aux grands honneurs? Les résultats jusqu’ici en Séries sont probants :

Trois équipe ont remporté leur série de première ronde : Washington, Detroit et Nashville. Or, parmi les meneurs pour le pourcentage d’arrêts en Séries, les gardiens de ces trois formations se retrouvent aux rangs 2 (Neuvirth à Washington), 11 (Howard à Detroit) et 17 (Rinne à Nashville). Comme quoi une formation peut remporter sa série sans nécessairement connaître une grande performance dans les buts.

À l’inverse, parmi les leaders au niveau du pourcentage d’arrêts (Neuvirth, Roloson, Price, Boucher, Thomas), seul Neuvirth a terminé sa première ronde. Comme quoi une performance éblouissante du gardien n’assure aucunement la victoire. Parlez-en à Buffalo, avec les deux blanchissages de Ryan Miller, qui n’ont aucunement empêché la tenu d’un septième match.

Et au niveau financier, sept des dix meilleurs gardiens en Séries gagnent 3 millions ou moins par année.

Il ne s’agit bien sûr ici que d’une courte analyse. Il est clair que les trois gardiens ayant remporté leur série n’avaient pas un vis-à-vis dominant, comme dans le cas des affrontements Price-Thomas ou Miller-Boucher. Je cherche seulement à démontrer que le ‘paradigme de Patrick Roy’ est en train de s’estomper au profit du ‘paradigme de Nashville’, selon lequel une équipe comprenant plusieurs bons joueurs motivés et respectueux du plan de match pourra toujours venir à bout d’une puissance offensive, et par le fait même gonfler les statistiques du gardien puisque plusieurs tirs accordés seront inoffensifs.

Docteur CH