Archive for mars 2010

Double standard

18 mars 2010

Je vous parlais, dans un post récent, repris très justement par Hockey Night in Canada, du plaisir de commencer un match avec la présence du soleil. Je vous ai menti. Il y a mieux. Et c’est de commencer un match avec le soleil après avoir passé l’après-midi sur le bicycle. Ça s’est passé mardi pour la première fois de cette saison, et ça m’a fait pensé à quelque chose.

Il est possible que vous ne soyez pas au courant, mais la saison cycliste pro est commencée depuis la mi-janvier, et les courses en Europe s’enchaînent depuis le 10 février. Ainsi, Contador vient de gagner le Paris-Nice et Scarponi et Garzelli ont réussi le très rare en terminant à égalité au Tirreno-Adriatico.

Comme il s’agit du seul chevauchement de saisons sportives auxquelles j’accorde une attention réelle, les idées se mélangent parfois. Et j’ai pensé vous proposer un tableau comparatif équipes de hockey/coureurs cyclistes afin de vous introduire au monde de la bicyclette athlétique, et de faire de vous des Louis Bertrand junior. Voici donc mes conclusions, selon les 15 premiers au classement actuel de la LNH :

1. Washington : Andy Schleck. Le jeune, le meilleur selon certains, mais qui doit se battre continuellement contre l’autre jeune, bien meilleur dans les côtes.

2. San Jose : Cadel Evans. Possède tous les outils, a gagné au niveau international, mais il semble toujours lui manquer le petit boost pour grimper sur la plus haute marche du podium. Le maillot de champion du monde le motivera-t-il?

3. Chicago : Frank Schleck, le frère de l’autre. Un peu plus vieux que son frère, un peu moins bien outillé et toujours dans l’ombre des deux jeunes qui se battent l’un contre l’autre.

4. Phoenix : Roman Kreuziger. Un autre jeune qui fait sa marque et qui remporte des courses  »mineures ». Beaucoup ont émis des doutes quant à ses origines tchèques et le fait qu’un vrai champion doit provenir des pays  »normaux » du cyclisme. Il fait fi de ses détracteurs en se tenant en tête de peloton.

5. Vancouver : Denis Menchov. Le diésel russe ne fait pas de flammèches, il élimine ses adversaires à l’usure. Pas de fioritures, juste du beau bicycle, toujours calme. Et il grimpe assis.

6. New Jersey : Lance Armstrong. Le recordman de la nouvelle ère en a encore beaucoup sous la pédale, peut se maintenir dans le groupe de tête très longtemps, mais suit difficilement les attaques des jeunes loups.

7. Pittsburgh : Alberto Contador. LE Jeune, il a déjà tout gagné, il ne lui manque que les records, qu’il chasse déjà. Ses aptitudes sont telles que seul Andy Schleck peut un jour le détrôner.

8. Colorado : Edvald Boasson Hagen. Le jeune prodige norvégien a éclot plus vite qu’on ne le croyait. Tout le monde reconnait son potentiel, mais plusieurs doutent de sa capacité à mater la compétition avant quelques années de maturation.

9. Los Angeles : Robert Gesink. Encore un jeune, encore un énorme potentiel et encore beaucoup à prouver. C’est très bien parti cette année.

10. Nashville : Sylvain Chavanel. Le champion baroudeur, multiple champion du prix de la combativité. Il est bon, mais pas champion. Sauf qu’il veut et qu’il essaie. Des fois, il casse, souvent, il s’échappe et le peloton se demande où il trouve cette énergie.

11. Buffalo : Andreas Klöden. Monsieur domestique de luxe, ses carences en talent sont compensées par une éthique de travail irréprochable et un suivi à la lettre du plan de match. Malheureusement, il ne peut espérer la victoire que dans des courses secondaires.

12. Detroit : Alejandro Valverde. Coureur que l’âge ne semble pas faire ralentir. Conscient de son grand talent et de ses limites, il ne tient pas absolument à se faire voir. Classy et intelligent, il sait quand attaquer et quand se taire pour récupérer.

13. Ottawa : Samuel Sanchez. Pas de grand historique de victoire. Il a connu des années au sommet, il arrive encore à s’y rendre, mais on ne l’imagine pas y arriver dans les 5 premiers.

14. Calgary : Franco Pellizotti. L’Italien est toujours au poste quand ça se corse, malgré son âge supérieur à la moyenne. Il possède une légère attitude et est un chrétien convaincu. Il acquière son lustre dans diverses petites victoires et de grands podiums, mais jamais par LA victoire.

15. Montréal : Mauricio Soler. Coureur sous-estimé parce que grandement ralenti par les blessures ces dernières années. En forme et motivé, il grimpe avec les meilleurs. Mais on imagine mal le Colombien aligner les victoires.

Dr. CH

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La visite au Centre Bell…

13 mars 2010

Le docteur CH a assisté, jeudi soir, à l’affrontement Montréal-Edmonton. Bien sûr, le match n’était pas des plus enlevants, mais il a permis une constatation.

Je vous ai déjà parlé quelquefois des fans qui huent leur équipe pour des raisons parfois douteuses.

Je vous ai aussi parlé de mon grand intérêt technique pour le hockey.

Mais je vis une contradiction. Quiconque a déjà requis mes services de consultation durant un match a remarqué ma capacité à m’emporter facilement au gré des événements, toujours dans l’intérêt du club bien sûr. Hors, lorsque je suis sur place, je maintiens un calme déroutant, et ce, même si les équipes s’échangent les buts comme cela a été le cas jeudi.

Je réfléchis à cela et je remarque par le fait même que les fans les plus bruyants dans l’encouragement du CH sont aussi ceux qui peuvent huer ou critiquer les gars pour chaque légère erreur.

Je me dis comme ça que c’est peut-être mieux d’avoir des semi-fans capables du pire et du meilleur que des amateurs convaincus et convaincants, mais nullement intéressés à crier leur amour pour leur club.

Je me questionne…

Dr CH

Le CH fera-t-il les séries minatoires?

9 mars 2010

Ainsi donc, les experts ont entrepris la ronde des prévisions de fin de saison pour tenter de déterminer quelles équipes participeront aux séries. Diverses formules mathématiques sont utilisées, notamment la plus connue :  » X devrait gagner contre Y ».

Heureusement pour le hockey, il est impossible de prédire des résultats aussi serrés. C’est facile, en début de saison, de prédire que Washington comptera beaucoup de buts, ou que New Jersey n’en accordera pas beaucoup. Mais pour le reste, impossible de savoir si St.Louis ou Caroline connaîtra une bonne saison autrement qu’en se basant sur des impressions et/ou des avis d’experts.

Il existe, en sciences économiques, la règle du  »toutes choses étant égales par ailleurs » (TCÉÉPA), qui permet d’isoler une variable pour l’analyser et prédire son  »comportement ». Or, dans l’économie comme dans la vie, le TCÉÉPA n’existe pas. Les impondérables, comme dirait Pierre Vercheval, font partie du sport. La réalité  »sur papier » est rarement gage de la réalité sur la glace.

En course cycliste, tu peux savoir à peu près qui va sauter dans la dernière côte. Tes coéquipiers surveillent tes principaux adversaires depuis 200 kilomètres, et ils les ont décodés. Un club de hockey n’est pas une entité qui grimace de douleur ou qui respire par le nez en montant une côte à 8%. En plus, le club de hockey peut compter sur la chance pour l’aider.

Le classement est très serré cette année. C’est peut-être pour ça que les gens essaient de faire des prévisions. L’incertitude. Mais cette incertitude est causée par une seule chose : le manque ou l’absence de foi. Les Mongols croyaient que la foudre était la colère de leur dieu, et ne cherchaient surtout pas à la comprendre. Les vrais chrétiens renient la science parce qu’elle remet en cause la Création. Les vrais fans de hockey rient des prédictions parce qu’ils croient en leur club. Et heureusement pour le hockey, la période annuelle de croyance profonde correspond avec l’arrivée du printemps. Que de plaisir de commencer un match avec le coucher de soleil.

Je me ris des prédictions du classement final. Je crois en mon club. Oui, on a joué plus de matchs que les autres. Oui, la position au classement peut changer à chaque soir. Mais pensez-vous vraiment que Cammalleri pense aux clubs qui suivent quand il joue (bientôt)? Et Gionta, Plekanec, Markov, etc… Les gars n’en ont rien à cirer. Who cares les matchs joués quand tu gagnes? En plus, on joue contre les concurrents directs d’ici la fin de la saison. Rien de mieux que de contrôler directement ta destinée quand tu veux faire les séries.

Et on serait fou de ne pas prendre l’aide quand elle passe, Washington joue 7 matchs contre nos concurrents directs d’ici la fin de la saison.

Bref, si un quelconque expert vous dit que le Canadien ne peut pas faire les séries, questionnez sa méthodologie. Vous verrez, il n’en aura pas. Et s’il vous sort des explications comme  »X devrait gagner contre Y », je pense que vous pouvez rire. C’est comme se dire qu’on peut foncer dans un cycliste en voiture et s’en tirer sans conséquences. Ça n’a pas de bon sens.

Je ne sais pas si vous êtes d’accord, mais je pense qu’on pourrait gagner contre Tampa ce soir. Ça permettrait de semer le doute et le sentiment d’urgence en eux avant leur séquence contre Washington, Pittsburgh, Phoenix, Buffalo et Washington qui s’en vient. Une victoire ce soir pourrait laisser Tampa Bay à Sarennes pendant qu’on grimpe L’Alpe d’Huez avec Menchov, Efimkin, les Schleck, Sastre, Sanchez, Evans et Valverde…

Bon match et bon début de saison cycliste

Dr. CH

Calme-toi, Razor…

5 mars 2010

Vous n’avez probablement pas tous écouté le match jusqu’au bout hier. Vous ne l’avez probablement pas tous écouté à TSN non plus. Vous faites peut-être partie des gens capables de se fermer aux commentaires de Benoît Brunet. Chanceux.

Reste qu’à mon point de vue, TSN présente de biens meilleurs analystes : expérience, nuance, relative impartialité, motivation, etc.

Hier, c’était la deuxième équipe de description qui était en poste, Chris Cuthbert et Ray Ferraro.

Du bon travail comme d’habitude, sauf que Ray  »Razor » Ferraro s’est un peu excité. Suite à un 2 contre 1 manqué par les Sharks, Lapierre, qui était en repli, a donné un coup de bâton sur la hanche de Scott Nichol, qui est allé manger la bande derrière le filet, sans toutefois se blesser sérieusement. On peut voir le clip ici, à 1:14.

Et là, Razor Ferraro part :

 »This is absolute garbage », Tout à fait, ça mérite quelques matchs de suspension.

 »Somebody should go fix this (i.e. rosser Lapierre) », Dans une certaine mesure, oui. Sauf que je ne suis pas sûr que tu as besoin de faire l’apologie de l’ancien temps, où tu pouvais défoncer n’importe qui pour 5 minutes de pénalité. Tu veux venger ton coéquipier pour un coup salaud, ce qui était le cas ici, fine. Sauf que tu fais le calcul, préfères-tu lui casser la gueule et prendre 15 minutes de pénalité ou juste prendre le numéro et le visser dans la bande plus tard pour gratis? Come on, old school, c’est fini ce temps-là.

Razor continue :  »He thinks it’s funny. I think the way he plays is funny ». Ok là, le casse. Tu connais un peu Lapierre, ton collègue Pierre McGuire l’aime beaucoup. Lapierre a un faciès particulier, sa face normale a l’air de rire. Et c’est le cas pour la plupart des agitateurs de ce genre*. Et si tu ris du jeu général de Lapierre, t’as au moins 100 autres gars de qui rire.

Drôlement, ce n’est pas la première fois que j’écoute un match avec toi, et pas la première fois qu’un coup du genre – ou pire – se produit. Mais il me semble que c’est la première fois que je t’entends réagir comme ça. T’es capable de voir la finesse d’Avery, la motivation de Ruutu, même le coup de patin de Downey, mais tu clanches Lapierre pour un coup répréhensible, certes, mais qui a été commis par des dizaines de joueurs avant. Si tu n’aimes pas Lapierre, dis-le avant le match. Beaucoup de monde t’écoute et se fie à ton jugement. Tu es sensé être impartial dans ton traitement des joueurs.

Je pense que ta réaction de jeudi soir mérite des excuses. Tu étiquettes Lapierre comme un joueur salaud qui se rit d’envoyer un gars face première dans la bande. Si tu avais fait ça avec Mike Richards en début de saison, tu aurais pu le salir au point de l’écarter de l’équipe Olympique. Mais non, tu as compris que des choses comme ça se passent dans le feu de l’action, que l’objectif du joueur n’est pas de blesser l’adversaire. Nuance, Razor, ou c’est la porte qui t’attend. Parce qu’à TSN, quand t’es jambon, t’es dehors. C’est aussi pour ça que j’aime ce poste-là.

Dr. CH

*Voici quelques images pour appuyer mon argument sur les faces d’agitateurs :

Jarkko Ruutu

Alex Burrows

Daniel Carcillo

Jordin Tootoo

Le meilleur échange pour l’instant…

3 mars 2010

…est un échange de gardiens auxiliaires!

Anaheim envoie Vesa Toskala à Calgary contre Curtis McElhinney.

Si cet échange peut sembler mineur en ce qu’Anaheim et Calgary ont tous deux d’excellents gardiens partants, il est important pour la tenue de Miikka Kiprusoff, gardien des Flames. En plus de le réunir à son ancien partenaire de San Jose, cet échange permet à Kiprusoff de se reposer un peu. Calgary n’a jamais fait confiance à McElhinney, et pour cause, ce qui obligeait Kiprusoff à jouer en moyenne 75 matchs depuis 5 ans. C’est énorme. Immense. Et fatiguant.

Avec un back-up de la trempe à Toskala, Kiprusoff pourra laisser aller quelques matchs sans trop s’en faire et se garder pour les séries. Bref, un excellent coup de la part de Darryl Sutter.

On se revoit tout à l’heure.

Dr. CH

Un cadeau pour moi…

3 mars 2010

Nouvelle de peu d’importance sur l’alignement actuel du Canadien, mais le Docteur CH a finalement été récompensé pour son travail auprès de l’organisation.

Vous connaissez peut-être mon aversion pour Matt D’Agostini, mais celle-ci vient de prendre fin, puisque M. Gauthier l’a envoyé à St. Louis contre un  »grit player » qui patine bien. Remarquez que je n’aurais pas payé cher pour ti-coune D’Agostini, même s’il lui reste un bon potentiel.

On lui souhaite de trouver la motivation d’exploiter ce potentiel chez les Blues.

Aaron Palushaj est un bon prospect, rapide et agressif (mais pas agressant) et une bonne capacité à construire des jeux.

Bref, un échange mineur à court terme, mais ô combien intéressant pour votre humble serviteur.

On se revoit tout de suite.

Dr CH