Archive for octobre 2010

La philosophie de la bataille

9 octobre 2010

Non, je ne vous produirai pas ici une longue analyse sur la place de la bagarre dans le hockey. Je n’ai pas la prétention de penser que mon opinion pourrait influencer d’une quelconque façon les cercles décisionnels de la LNH. Tout de même, je suis tout à fait d’accord avec Mathias Brunet quand il soutient que l’entraînement des athlètes d’aujourd’hui rend les bagarres drôlement plus dangereuses qu’à l’époque du Rocket.

Je demeure en surface. Les bagarres sont encore dans la LNH pour un bout de temps. Je ne crois pas que l’on puisse imaginer (ou espérer, c’est selon) les voir disparaître à moyen terme. Je crois davantage en une série de règles qui encadreront la  »pratique ». Parce que les bonzes de la Ligue, plusieurs grands idéologues du hockey, beaucoup d’anciens joueurs et goons, une masse critique de joueurs actuels et une majorité de fans veulent conserver cet aspect  »spectaculaire » (à prononcer avec l’accent de Michel Bergeron).

Personnellement, je serais parfaitement capable de vivre sans les batailles, mais je crois qu’elles demeurent une soupape d’évacuation de la grande frustration qu’un joueur peut ressentir sur la glace. Je suis beaucoup moins en accord avec les batailles stagées et les joueurs habillés uniquement pour se battre.

Encore une fois, pour l’instant, elles existent toujours et font partie de la game. Il y a des joueurs payés uniquement pour se battre. Parmi ceux-ci, mon préféré est George Parros. 6 pieds 5 et 220 livres de moustache, Parros est un intellectuel de la bagarre. Même s’il le fait environ 20 fois par saison, Parros sait comment utiliser la bagarre pour faire tourner un match à l’avantage de son club. Il sait aussi quand ne pas utiliser la bagarre. C’est là où je voulais en venir.

Hier soir, Detroit mange Anaheim 4 à 0. Milieu de 3e, les esprits s’échauffent, et Corey Perry jette les gants devant Pavel Datsyuk. On parle d’un solide joueur d’attaque, mais avec un upside de petit bum face à Monsieur Classe, 4 fois récipiendaire du trophée Lady Bing du joueur le plus gentilhomme. On pourrait s’attendre à une domination de la part de Perry, or ce ne fut pas le cas. Même que Datsyuk finit le combat on top. En plus de perdre 4 à 0, Perry venait de clairement couler son club pour le match. Et ça, George Parros le savait, debout au banc d’Anaheim. Regardez bien à 1:08 de ce vidéo. Parros est la grosse moustache, et ce que vous devriez voir est le signal d’épaule qu’il envoie à son coéquipier pour qu’il rentre son bâton sur le banc. C’est un symbole d’acceptation de la défaite. En clair, ça dit aux gars de Detroit qu’ils ont gagné.

Finalement, Parros a pris un 10 minutes d’inconduite quelques minutes plus tard. Et Datsyuk, avec son tour du chapeau Gordie Howe (1 but, une passe et une bagarre) a été nommé première étoile. Oui oui, les choses changent…

Docteur CH

Publicités

Le grand chef me cite…

7 octobre 2010

Pas tout à fait, mais Réjean Tremblay, dans sa chronique de ce matin, analyse l’imbroglio Brunet-Brunet :

 »J’écoutais Michel Bergeron et Ron Fournier faire la morale à Mathias Brunet parce qu’il a osé écrire ce que des dizaines de milliers d’amateurs de hockey soutiennent. Que Benoît Brunet est un piètre analyste tant dans la forme que dans le contenu. Ron et Bergie ont raté le coche. Faut dire que Bergeron est sous contrat avec RDS mais je le connais assez pour croire qu’il était sincère dans sa défense de Benoît. (Ce n’est pas le cas des Dupont et Dupond de CKAC le matin qui ont essayé de traîner Mathias Brunet dans leurs platitudes irréfléchies. Mais de Michel Langevin et de Gabriel Grégoire, ça ne me surprend pas. Ce n’est même pas de leur faute…)

C’est justement le travail de Mathias de souligner ces lacunes intolérables chez l’analyste, cet emballement malsain quand les joueurs se battent comme des brutes épaisses et ces analyses primaires avec ces «pieds qui bougent bien». Quand on est analyste et qu’il y a plus de 2 millions de téléspectateurs qui vous écoutent religieusement, on a des responsabilités. Dont celle de parler français et non pas un étrange dialecte.

Benoît Brunet s’est amélioré depuis quelques années. Sauf qu’il partait de tellement creux qu’il surnage à peine. Ceux que Mathias n’a pas montré du doigt et qui sont pourtant les premiers responsables de cette situation, ce sont les dirigeants de RDS où ça sent plus la secte que le réseau professionnel.

Personnellement, je trouve que Benoît Brunet s’améliore. Si on l’aidait le moindrement avec des critiques bien étayées à l’interne à RDS, en travaillant très fort avec lui et en étant exigeant, en se montrant respectueux envers les téléspectateurs, il y aurait de l’espoir. »

Intéressant. C’est assez rare que je puis me ranger derrière le chef indien, mais cette fois-ci, je suis tout à fait en accord.

Premier match dans 30 minutes, CH ce soir, les bonnes habitudes sont de retour…

Docteur CH

 

Petit pot de RDS, quand te débenoitbrunetiseras-tu?

6 octobre 2010

Polémique entre journalistes hier, alors que Mathias Brunet, suite à un entretien de La Presse avec Benoit Brunet, explique avec justesse ce qui fait que plusieurs amateurs trouvent toutes sortes de trucs pour ne plus entendre l’ancien joueur. Excellente analyse du journaliste de la Presse : bien que certaines personnes beurrent un peu épais, il demeure que Benoit a de la difficulté à s’exprimer sous pression et que, malgré sa très bonne vision du jeu, il est incapable de transmettre ses connaissances au public.

Personnellement, je privilégie les canaux anglophones pour écouter les matchs du Canadien. L’analyse y est plus juste, et la qualité générale est meilleure. Parce qu’au fond, que recherche-t-on chez un analyste? Le descripteur, celui qui fait le play-by-play, n’a pas le choix d’être bon, mais son job demeure technique, et il ne donne son opinion que si ça lui chante. L’analyste, lui, est là pour amener l’auditeur plus loin, lui apprendre des techniques, lui montrer les jeux subtils qui mènent à un but, bref, lui apprendre la game. Et c’est selon moi la raison principale pour laquelle Benoit n’arrive pas à rallier les masses : il n’a rien à nous apprendre!

Les carences linguistiques et l’incapacité à prononcer correctement le nom de certains joueurs (et je ne parle pas nécessairement de Byfuglien, Kwaitkowski ou Hnidy) peuvent passer, mais les descriptions erronées de certains joueurs ou jeux et l’éternelle apologie du  »gros bonhomme » font en sorte que je souhaite encore le départ de Benoit. Personnellement, je puis faire la part des choses face à son incurie. Mais les cotes d’écoute que reçoit Benoit l’obligent à un devoir de perfection envers ses auditeurs, c’est une marque de respect. On peut bien pardonner les erreurs d’apprentissage pendant quelque temps, mais la formation devrait être terminée depuis un certain temps, et Benoit n’a pas montré de réelle amélioration dans son travail.

Pauvre Benoit Brunet! Il entre à RDS par la petite porte, regarde aller Le Baron et les autres non-journalistes non-sportifs et se dit que c’est cool RDS, c’est comme le club des Anciens, excepté qu’une paye est octroyée. Sauf que là où Benoit s’est trompé, c’est quand il a pensé qu’il était meilleur que Le Baron et cie et qu’il pouvait aspirer à de meilleurs cieux. Parce qu’à force de tremper dans la marde, tu viens que tu ne la sens plus, Benoit a oublié que les collègues avec qui il animait les entractes étaient foncièrement mauvais. Il s’est dit qu’il était aussi bon qu’Yvon Peddler et pouvait bien le remplacer. Le problème est que Peddler était déjà trop mauvais pour le poste d’analyste. Alors, un fou dans une poche, RDS a choisi, à non-talent égal, de prendre celui qui est le plus funny et le moins cher. Exit Peddler, bienvenue à Benoit.

Bref, oui, Benoit est mauvais comme analyste, et je crois qu’il faut continuer à le dire. Mais je pense qu’au-delà de Benoit, il y a RDS qui a de sévères lacunes. C’est sûr que c’est difficile de se monter une équipe d’experts en hockey, francophones et capables de parler à la caméra. Mais ces personnes existent, on le voit avec l’arrivée ou l’ascension de Carbonneau, Tremblay, Bouchard, Denis et Lavoie, qui compensent pour les éternelles folies du Baron et de la majorité de l’antichambre.

Vivement le retour de la Soirée du Hockey…