La philosophie de la bataille

Non, je ne vous produirai pas ici une longue analyse sur la place de la bagarre dans le hockey. Je n’ai pas la prétention de penser que mon opinion pourrait influencer d’une quelconque façon les cercles décisionnels de la LNH. Tout de même, je suis tout à fait d’accord avec Mathias Brunet quand il soutient que l’entraînement des athlètes d’aujourd’hui rend les bagarres drôlement plus dangereuses qu’à l’époque du Rocket.

Je demeure en surface. Les bagarres sont encore dans la LNH pour un bout de temps. Je ne crois pas que l’on puisse imaginer (ou espérer, c’est selon) les voir disparaître à moyen terme. Je crois davantage en une série de règles qui encadreront la  »pratique ». Parce que les bonzes de la Ligue, plusieurs grands idéologues du hockey, beaucoup d’anciens joueurs et goons, une masse critique de joueurs actuels et une majorité de fans veulent conserver cet aspect  »spectaculaire » (à prononcer avec l’accent de Michel Bergeron).

Personnellement, je serais parfaitement capable de vivre sans les batailles, mais je crois qu’elles demeurent une soupape d’évacuation de la grande frustration qu’un joueur peut ressentir sur la glace. Je suis beaucoup moins en accord avec les batailles stagées et les joueurs habillés uniquement pour se battre.

Encore une fois, pour l’instant, elles existent toujours et font partie de la game. Il y a des joueurs payés uniquement pour se battre. Parmi ceux-ci, mon préféré est George Parros. 6 pieds 5 et 220 livres de moustache, Parros est un intellectuel de la bagarre. Même s’il le fait environ 20 fois par saison, Parros sait comment utiliser la bagarre pour faire tourner un match à l’avantage de son club. Il sait aussi quand ne pas utiliser la bagarre. C’est là où je voulais en venir.

Hier soir, Detroit mange Anaheim 4 à 0. Milieu de 3e, les esprits s’échauffent, et Corey Perry jette les gants devant Pavel Datsyuk. On parle d’un solide joueur d’attaque, mais avec un upside de petit bum face à Monsieur Classe, 4 fois récipiendaire du trophée Lady Bing du joueur le plus gentilhomme. On pourrait s’attendre à une domination de la part de Perry, or ce ne fut pas le cas. Même que Datsyuk finit le combat on top. En plus de perdre 4 à 0, Perry venait de clairement couler son club pour le match. Et ça, George Parros le savait, debout au banc d’Anaheim. Regardez bien à 1:08 de ce vidéo. Parros est la grosse moustache, et ce que vous devriez voir est le signal d’épaule qu’il envoie à son coéquipier pour qu’il rentre son bâton sur le banc. C’est un symbole d’acceptation de la défaite. En clair, ça dit aux gars de Detroit qu’ils ont gagné.

Finalement, Parros a pris un 10 minutes d’inconduite quelques minutes plus tard. Et Datsyuk, avec son tour du chapeau Gordie Howe (1 but, une passe et une bagarre) a été nommé première étoile. Oui oui, les choses changent…

Docteur CH

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