Archive for décembre 2010

À go on capote!

20 décembre 2010

Donc nous en sommes à 4 défaites en 5 matchs. Mais, ô surprise, je ne vois pas matière à se prendre la tête. Pourquoi?

Premièrement, parce que c’est Noël et qu’il ne faut surtout pas gâcher ses Fêtes à cause des difficultés de son club. Qui plus est, il est maintenant dans la tradition de voir le CH ralentir la cadence dans la première moitié de décembre. À preuve :

2010-2011 : 4 défaites en 5 matchs entre le 10 et le 19 décembre

2009-2010 : 5 défaites entre le 10 et le 19 décembre

2008-2009 : 4 défaites en 5 matchs entre le 6 et le 16 décembre

2007-2008 : 8 défaites en 12 matchs entre le 30 novembre et le 23 décembre

Deuxièmement, parce que le Boston, qui est le seul club pouvant nous déloger de la 3e place, connaît lui aussi une séquence ordinaire.

Et troisièmement, parce que ces défaites ne résultent pas d’une déconfiture générale. Oui, Price a accordé beaucoup de buts dernièrement (21,8% de ses buts accordés cette saison lors de ses 4 dernières sorties, qui représentent 13,3% de ses matchs joués). On peut difficilement parler de séquence difficile puisqu’il est focus sur la glace et qu’il est encore 3e de la LNH pour le pourcentage d’efficacité. Mais chaque gardien connaît à chaque année une série de revers qui lui sont plus ou moins attribuables.

À l’opposé de ces demi-difficultés vécues par Price, nos deux lignes d’attaque sont enfin coordonnées. En effet, alors que Plekanec et Cammalleri continuent leur bon travail (Cammalleri est d’ailleurs sur une séquence de 7 matchs avec au moins un point), Gomez et Pacioretty semblent avoir trouvé une belle chimie et sont absolument étincelants. Comme quoi ce n’était effectivement qu’une question de temps pour Monsieur Gomez…

Finalement, le Canadien, bien qu’il ait perdu 4 matchs sur 5, ne va vraiment pas si mal que ça. Donner deux points à Detroit, Toronto et Colorado ne devrait pas venir nous hanter en fin de saison, puisque nous ne sommes pas dans le même classement*. Les donner à Philadelphie est plus difficile à accepter, mais le club est ridiculement en feu, on leur doit bien ça. Le seul deux points que nous n’ayons pas accordé lors de ces 5 matchs est selon moi le plus important, et il s’agit de ceux contre Boston. Disons que si, avant même de disputer ces 5 matchs, le Canadien avait eu le choix de n’en gagner qu’un seul, il aurait effectivement choisi celui contre les Bruins.

Bref, les bons résultats du début de saison permettent de ne pas trop souffrir des récents revers du CH, qui devraient de toute façon se terminer demain contre Dallas. J’ai comme l’impression que Monsieur Subban a envie de sortir de sa torpeur…

Docteur CH

Et pour ceux que ça intéresse, la fameuse malédiction du 23 décembre est chose du passée. Ce match a été perdu en 2006 et 2007, inexistant en 2008 et remporté en 2009.

*Sans exclure Toronto des séries, j’exclus toutefois la possibilité qu’une éventuelle remontée au classement de leur part se fasse à nos dépends.

Qu’est-ce qu’un coup violent?

12 décembre 2010

Cet article est une commande d’un ami docteur (diplômé, et non auto-déclaré) qui apprécie particulièrement le talent de David Perron, et qui  me demande mon opinion sur ce coup de Joe Thornton, survenu il y a un peu plus d’un mois. S’agit-il d’un coup violent/à la tête/ vicieux méritant une suspension? Je crois que non.

Premièrement, ce que la Ligue essaie d’enrayer, et avec raison, ce sont les blindside hits, ces coups où le récepteur n’a aucune façon de savoir que l’émetteur se prépare à le frapper, et non pas ces coups où le récepteur ne voit pas l’émetteur. La nuance est importante. Dans le cas d’un blindside, l’émetteur est dans l’angle mort et le récepteur ne peut aucunement se préparer au coup. Matt Cooke a créé un cas de jurisprudence l’an dernier.

Dans le cas de Thornton, la reprise (à 0:45 dans la vidéo) montre clairement que Thornton est devant Perron. Celui-ci ne voit pas arriver le coup, c’est sûr, mais le coup arrive du devant, ce qui est parfaitement légal. La jurisprudence dans ce cas est selon moi le coup de marteau de Willie Mitchell l’an dernier. Le récepteur, Jonathan Toews, a reconnu par la suite s’être lui-même placé dans une situation dangereuse. Donc, il ne s’agit pas, selon moi, d’un blindside hit.

Deuxièmement, les coups à la tête sont aussi en chasse, aussi avec raison. Avec la récente prise de conscience dans le sport nord-américain qu’une commotion cérébrale entraîne des séquelles à long-terme, la LNH tente, comme plusieurs autres sports, d’éliminer les coups à la tête prémédités (coups d’épaule, pas de poing). Dans le cas à l’étude, la tête est atteinte, mais de façon secondaire. Il s’agit du résultat de l’équation où un gars de 6pieds4, 235 livres atteint un gars de 6pieds, 200 livres penché. Nécessairement, la tête du récepteur touchera à l’épaule de l’émetteur dans de tels cas, l’inverse est physiquement impossible. Un coup à la tête est un coup où la tête est l’objectif principal de la mise en échec. Le meilleur (ou pire?) exemple de cela est l’horreur réalisée par Mike Richards l’an dernier.

Finalement, l’intention est toujours difficile à juger. Le placage est permis et encouragé. Et quiconque ayant déjà joué un match de n’importe quel sport de contact ou semi-contact comportant un quelconque enjeu sait qu’il existe toujours le réflexe d’entraver le jeu de l’adversaire. Pas nécessairement de le blesser, mais, dans un sport professionnel extrêmement rapide, qui plus est permet les contacts physiques, l’intention est habituellement une zone grise. Il y a une différence entre un Matt Cooke qui accélère pour frapper et un Thornton qui voit une opportunité de donner une solide mise en échec.

Bref, je ne crois pas que Thornton méritait sa suspension de deux matchs pour cette mise en échec. Le coup est légal (de face, avec l’épaule, les patins sur la glace, tête non-visée), mais le résultat est plus dur à accepter. Toutefois, l’idée est de punir le coup, et non le résultat. Perron est un joueur qui apporte quelque chose à la Ligue : il est talentueux et énergique et a un excellent potentiel de développement. Malheureusement, faute à pas de chance, il est en-dehors du jeu pour une durée indéterminée. Les commotions cérébrales sont déplorables, mais elles font partie du hockey. Comme les accidents font partie de la vie. On peut essayer d’en réduire le nombre et les effets, notamment en encadrant les bagarres et en arrêtant d’encourager le mythe du guerrier à la Ian Lapperière. Mais je ne crois pas que de punir les joueurs pour des mises en échec certes douloureuses, mais parfaitement légales, soit un pas dans la bonne direction. Commençons plutôt par apprendre le respect aux joueurs quand ils sont jeunes. Autrement, ils arrivent dans la LNH et voient les règlements changer à chaque année. Et se font donner des amendes de 11 millions de dollars.

Je crois faire une étude objective de la situation. Thornton et Perron sont deux joueurs que je respecte, mais qui ne font pas partie de mes joueurs préférés. En plus, le temps écoulé depuis l’évènement permet de mieux analyser la situation. Mais imaginez maintenant un préfet de discipline qui doit prendre une décision en 24 heures…

Au revoir, à bientôt,

Docteur CH

Le cas Markov

5 décembre 2010

La nouvelle est tombée jeudi en début de match et est passée relativement dans le beurre : Andreï Markov est placé sur la liste des blessés et sera opéré pour reconstruire son genou. Bref, fini pour la saison. Deux victoires après cette annonce, comment peut-on entrevoir l’avenir du CH sans Markov…

…à court terme? Disons que depuis environ trois semaines, soit depuis la nouvelle blessure de Markov, le CH continue sur son erre d’aller. Pourquoi? Parce que Hamrlik et Spacek ont élevé leur jeu d’un cran, que Price joue sur sa tête, et que le club en général aime jouer au hockey.

…à moyen terme? D’ici la fin de la saison, je vois deux effets directs de l’absence de Markov. Premièrement, s’ils vont bien en ce moment, il n’est pas dit que Gill, Hamrlik et Spacek ne fatigueront pas un peu à  »remplacer » Markov. On parle quand même de gars de plus de 35 ans! Heureusement, nos jeunes sont en pleine forme et sont polyvalents : on pourrait éventuellement séparer Hamrlik et Spacek pour jumeler chacun d’eux avec un jeune qui fera le travail de vitesse.

Deuxièmement, la bonne nouvelle dans l’absence prolongée de Markov (vous pensez vraiment que je ne trouverais rien de positif?) est qu’on est sûr qu’il est absent pour le reste de la saison – on verra pour la Finale. Comme il est sur la liste des blessés, le salaire restant à verser à Markov ne sera pas comptabilisé sur la masse salariale. Cela nous laisserait donc une marge de manœuvre en cas d’une autre blessure, ou juste pour se payer un cadeau à la date limite des échanges.

…à long terme? Resigne-t-on Markov l’an prochain? C’est une question importante à se poser, puisque, à l’exception de Spacek et Subban, tous les défenseurs sont agents libres cet été. Markov a maintenant une réputation de joueur fragile à travers la Ligue, mais je suis persuadé que les 30 équipes pourraient facilement s’accommoder de cette supposée fragilité, parce que Markov demeure un des meilleurs défenseurs offensifs du circuit. La réalité de la LNH étant ce qu’elle est, un club pourrait lui offrir un lucratif contrat à long terme. Serions-nous prêts à sacrifier, par exemple, deux gars parmi Kostitsyn, Hamrlik, Gill et Gorges pour payer Markov?

L’étiquette de joueur fragile est quelque chose de très arbitraire. Hossa, Havlat, Gaborik, Selanne et Connolly manquent en moyenne 15 matchs par année, mais sont très utiles lorsque présents. Peut-être Markov deviendra-t-il ce genre de joueur. Peut-être aussi la chirurgie fonctionnera-t-elle et qu’il redeviendra le joueur talentueux et solide qu’il était avant la fin de saison 2008-2009. Il est encore tôt pour prendre une décision, mais il est clair que l’administration du CH réfléchit fort sur cette question. Et comme nous les connaissons, la décision prise sera la meilleure…

Docteur CH

Long terme :

Le système Martin – La pause

2 décembre 2010

26 novembre : Article sur la responsabilité des joueurs du CH. Résultat : Défaite de 3-0 dans un match sans réelle volonté.

1er décembre : Article sur le jeu défensif du CH. Résultat : Pour une deuxième fois cette année, le CH accorde 4 buts.

Je pense que je vais prendre une pause avant d’écrire le 3e chapitre…ou bien écrire sur le rendement décevant de Gomez!

Bon match ce soir, profitons de l’absence de Brodeur au Centre Bell,

Docteur CH

 

Le système Martin – La défensive

1 décembre 2010

Vous vous rappelez les premiers commentaires suite à l’embauche de Jacques Martin? Un entraîneur défensif, qui joue la trappe, qui rend le jeu plate, qui adore les victoires de 1 à 0…

Nous vous avions bien averti à l’époque de faire attention à ces commentaires. Martin a bel et bien un historique de fermer le jeu, mais c’était dans les premières années d’Ottawa ou en Floride, deux clubs plutôt mal outillés face à la LNH de leur époque.

Aujourd’hui, plus personne ne reproche à Martin ce fameux style défensif. Parce que ça fonctionne! À preuve, quels sont les meilleurs clubs offensifs que nous avons affronté cette année? Philadelphie, Atlanta, Vancouver, Tampa, Pittsburgh et Caroline. Combien de buts accordés, respectivement? 0, 3, 3, 0, 4, 2 et 2. Ça donne une moyenne de deux buts par match accordés aux meilleurs clubs offensifs, qui ont une moyenne de buts par match oscillant entre 2,92 et 3,44. À noter que ces quatre buts accordés à Tampa Bay représentent la seule fois de la saison où nous avons accordé plus de 3 buts. Et c’était en prolongation.

Grâce à ce système de jeu privilégiant la responsabilité défensive, le Canadien se maintient sous les 31 tirs accordés par match, loin de la moyenne des dernières années, à 32,1, 31,7 et 31,6. Parallèlement à cela, le CH tire aussi plus souvent sur le filet adverse, à 31,2 tirs par match, encore une fois, loin des résultats des dernières années, à 28,6, 30,0 et 29,1. Ainsi, non seulement reçoit-on moins de tirs et tirons-nous plus, mais nous tirons aussi davantage que l’adversaire, ce qui prouve bien que la système Martin n’est pas axé que sur la défensive…

Martin est un grand idéologue du hockey. Mais comme toute théorie, la réussite de la mise en pratique dépend de la volonté des éléments impliqués à suivre la théorie et à l’appliquer. C’est ce que font les joueurs du CH cette année, au premier chef les gardiens, qui arrêtent 93,7% des tirs dirigés vers eux, ce qui les place au 2e rang de la LNH. Bref, tous les joueurs participent parce qu’ils croient au système de Martin. Pourquoi y croient-ils? C’est ce que nous verrons dans le prochain chapitre.

Bon match ce soir, ne manquez pas d’apprécier le talent des jeunes Oilers,

Docteur CH