Archive for avril 2011

La stat du match, 7e match

28 avril 2011

Mercredi 27 avril 2011, Victoire de Boston 4-3 en prolongation.

La statistique du match : 25.

25 ans, c’est l’âge que n’ont pas Carey Price, PK Subban, Max Pacioretty, Lars Eller, David Desharnais, Yannick Weber, Tom Pyatt, Ryan White et Benoit Pouliot.

C’est aussi l’âge que qu’ont eu il n’y a pas si longtemps Josh Gorges, James Wisniewski, Andreï Kostitsyn et, dans une certaine mesure, Tomas Plekanec et Micheal Cammalleri.

Et alors? Le rajeunissement est une tendance générale dans la LNH, en quoi le CH diffère-t-il? Il est vrai que la présence de plusieurs joueurs de 35 ans dans l’alignement montréalais fait chuter le CH au 21e rang des plus jeunes équipes. Il est vrai aussi que des équipes comme Los Angeles, Washington ou Pittsburgh présentent d’excellents jeunes joueurs, des vedettes comme Kopitar, Ovechkin, Backstrom, Crosby ou Malkin.

La différence avec le Canadien, c’est qu’à défaut d’avoir une superstar à l’attaque, nos jeunes forment un groupe uni mais hétéroclite (joueurs offensifs et défensifs de premier plan ou de profondeur), mais surtout, dont le développement est extrêmement bien encadré et dont la motivation est sans égale.

Reportons-nous en début de saison. Price était le joueur le plus détesté par plusieurs amateurs, Subban était envisagé comme un talent à polir pendant quelques saisons, Pacioretty était à Hamilton avec Desharnais et Weber, et Eller, n’eût été de la volonté de Jacques Martin de le ‘roder’.

Au lendemain de la défaite, ces joueurs s’imposent maintenant comme des morceaux importants de l’équipe. Price fait partie de l’élite des gardiens; Subban s’est imposé comme notre meilleur défenseur et a développé un sens de la défensive que plusieurs recruteurs ne croyaient jamais voir chez PK; Pacioretty est aujourd’hui à 80% de son développement en un attaquant de puissance dominant; Desharnais a réussi à appliquer dans la LNH son mélange de vitesse et de contrôle de rondelle qui lui a fait brûler la ligue américaine et la East Coast; Eller montre des flashes de plus en plus fréquents du centre responsable (inspiré de Plekanec ou Ryan Kesler) qu’il deviendra plus tôt que je ne le croyais; et ainsi de suite. Même Kostitsyn a montré que le processus de maturation existe réellement…

Bref, en regardant la poignée de main hier, je me disais que Boston avait effectivement un bon club. Mais en regardant les gars un par un, je me disais aussi que notre club ne repose pas sur un gardien qui sera à la retraite dans 5 ans, sur un seul défenseur qui parfois met son équipe dans le trouble, sur des attaquants certes énergiques, mais qui oublient par moment qu’ils sont dans la vraie vie et que leurs coups blessent d’autres joueurs, ou sur un newfie.

On a eu une très belle saison, merci aux gars.

À partir de maintenant, on coupe la barbe des Séries, on prend pour Vancouver et on écoute la saison de bicycle…

Docteur CH

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La stat du match, 6e match

27 avril 2011

Mardi 26 avril, victoire de Montréal 2-1 dans le sixième match.

La statistique du match : 23.

23 mises en échec pour le Canadien contre 11 pour Boston.

Pas que le CH ait déclassé physiquement Boston, mais ce chiffre démontre que lorsque tu appliques le système, tu peux passer à travers n,importe quelle équipe, fut-elle reconnu pour son jeu robuste. Ainsi, hier soir, le chef des motards a été Paul ‘râpe à fromage’ Mara, avec 4 mises en échec, toujours très rudes. En fait, sur les 23 mises en échec du CH, 10 sont venues des épaules de Mara, Sopel et Gill. Le triumvirat a donc gardé les attaquants du Boston en respect.

Bien sûr, on ne gagne pas les matchs en ne faisant que plaquer. Mais cela permet d’aller chercher le momentum nécessaire pour donner quelques coups de jambes de plus pour éviter un dégagement refusé ou pour se jeter devant un lancer.

Comme on a gagné, je me permets d’ajouter deux statistiques du match. 0,969, l’efficacité de Carey Price, et 56%, le pourcentage du CH aux mises en jeu, mené notamment par le 86% de Halpern.

On aime ça. On aime vraiment ça.

Docteur CH

Ça sert à quoi, un gardien?

25 avril 2011

En échangeant avec un collègue de pool, j’ai entamé une réflexion…

Il existe des modes dans le hockey. Des modes qui influencent les directeurs-généraux et les amateurs dans leur vision de comment un club doit être construit pour gagner.

En 2007, après la victoire d’Anaheim, quelques DGs ont essayé, sans succès, de construire un alignement calqué sur celui des Ducks : rapide et agile tout en étant robuste et défensif.

L’an dernier, la randonnée du Canadien en Séries a démontré l’importance du système de jeu et de l’emphase sur la responsabilité en défensive. Après avoir goûté à la médecine du CH en avril passé, Washington a décidé cette saison de délaisser le tout-à-l’attaque pour faciliter la tâche de leurs défenseurs et gardiens.

Encore l’an dernier, deux gardiens peu expérimentés dans la LNH (Michael Leighton et Antti Niemi) se sont affrontés en Finale. Cela a donné des idées à certains directeurs-généraux, au point où les quatre gardiens s’étant rendus le plus loin en Séries (Leighton, Niemi, Nabokov et Halak) ne faisaient plus partie de l’alignement de départ de leur équipe au début de la saison actuelle.

Alors, est-ce seulement une mode passagère ou est-ce que la présence d’un gardien qui, pour citer Christian Bégin, est ‘correct, sans plus’ est suffisante pour aspirer aux grands honneurs? Les résultats jusqu’ici en Séries sont probants :

Trois équipe ont remporté leur série de première ronde : Washington, Detroit et Nashville. Or, parmi les meneurs pour le pourcentage d’arrêts en Séries, les gardiens de ces trois formations se retrouvent aux rangs 2 (Neuvirth à Washington), 11 (Howard à Detroit) et 17 (Rinne à Nashville). Comme quoi une formation peut remporter sa série sans nécessairement connaître une grande performance dans les buts.

À l’inverse, parmi les leaders au niveau du pourcentage d’arrêts (Neuvirth, Roloson, Price, Boucher, Thomas), seul Neuvirth a terminé sa première ronde. Comme quoi une performance éblouissante du gardien n’assure aucunement la victoire. Parlez-en à Buffalo, avec les deux blanchissages de Ryan Miller, qui n’ont aucunement empêché la tenu d’un septième match.

Et au niveau financier, sept des dix meilleurs gardiens en Séries gagnent 3 millions ou moins par année.

Il ne s’agit bien sûr ici que d’une courte analyse. Il est clair que les trois gardiens ayant remporté leur série n’avaient pas un vis-à-vis dominant, comme dans le cas des affrontements Price-Thomas ou Miller-Boucher. Je cherche seulement à démontrer que le ‘paradigme de Patrick Roy’ est en train de s’estomper au profit du ‘paradigme de Nashville’, selon lequel une équipe comprenant plusieurs bons joueurs motivés et respectueux du plan de match pourra toujours venir à bout d’une puissance offensive, et par le fait même gonfler les statistiques du gardien puisque plusieurs tirs accordés seront inoffensifs.

Docteur CH

Les droits et devoirs du fan, extrait

24 avril 2011

Le fan a droit d’être déçu par l’issue du match, seulement si ce sentiment est utilisé pour augmenter sa ferveur pour le match suivant;

Le fan n’a pas le droit d’espérer un règlement rapide d’une série au désavantage de son club pour ‘se libérer’ des obligations du fan, parce qu’il n’a aucune idée de ce que représente de joueur en Séries;

Le fan a droit en tout temps d’arrêter de croire en son club, mais ne peut réintégrer les rangs de la fannerie lorsque son club gagne le septième match;

Le fan doit garder sa barbe des Séries tant que son club est en vie, même si elle gagne en inconfort après une défaite en deuxième prolongation;

Le fan doit en tout temps se souvenir que l’an dernier, le CH était dans la même situation après 5 matchs…

Docteur CH

Le match en une stat, 5e match

24 avril 2011

Samedi 23 avril 2011, victoire de Boston 2-1 en 2e prolongation.

La statistique du match : aucune, plutôt un symbole, celui ci (=)

Égal? Eh oui, égalité dans pratiquement toutes les statistiques : 51 tirs contre 45, 38 mises en échec contre 35, 21 tirs bloqués contre 20, 14 revirements contre 10, 4 pénalités contre trois, égalité au cercle de mises en jeu, personne avec plus d’un point, 40:38 pour Subban (!) contre 37:06 pour Chara…

Égalité partout. Et qu’est-ce que ça donne, un match égal en Séries? Une prolongation, deux prolongations…et éventuellement, un but. Et hier, ce but n’a pas été à notre avantage. Nous sommes donc condamnés à joueur deux matchs en 24 heures…

Docteur CH

Le hors-jeu

22 avril 2011

Les Bruins étaient-ils hors-jeu sur le but de Ryder en prolongation? Le photo du bas devrait vous aider à répondre (je suis désolé pour la qualité, c’est un still de youtube).

Je remarque deux choses :

1. Recchi (au centre) est hors-jeu. La rondelle entre dans la zone et Recchi y a déjà le pied droit.

2. Spacek affronte un 3 contre 1. Les gars ont fait un mauvais changement, doivent donner une go pour se replier et sont un peu perdus dans leur zone.

Donc oui, il s’agit bel et bien d’un hors-jeu. Mais au-delà de l’erreur de l’arbitre, le règlement le plus important n’a pas été respecté : reste focus, surtout en Séries, surtout en prolongation.

Malgré tout, un très beau match de nos hommes. Et une belle série serrée, avec un maximum de pression, aucune place pour l’erreur et pas de lendemain. Bref, tout ce qui avantage le CH!

Retour d’après-match sur la statistique d’avant-match

22 avril 2011

Ainsi donc, je prétendais hier que le retour de Halpern aiderait le CH sous deux facettes : les mises en jeu et le temps de glace de Plekanec en désavantage numérique. Résultat?

Après des pourcentages d’efficacité de 41, 47 et 45% au cercle de mise en jeu, le CH a fait un peu mieux hier, avec 48%. Rien d’extraordinaire ici. Nous avons toutefois une réelle amélioration au niveau des premiers centres. Gomez, qui était à 33,3% de moyenne en 3 matchs a gagné 42% de ses mises en jeu; Plekanec, d’une moyenne de 44,8%, a gagné 53%; Halpern, lui, s’est imposé dans 67% de ses présences au cercle.

Au niveau du remplacement graduel de Plekanec par Halpern sur les désavantages numériques, l’échantillon est franchement insuffisant. Raison? Une seule pénalité pour le hommes à Jacques hier. Ça, c’est très solide.

Le match en une statistique, 4e match

22 avril 2011

Jeudi 21 avril 2011, 4e match de la série, victoire de Boston 5-4 en prolongation.

La statistique du match : 7

Sept matchs, c’était ma prédiction pour la victoire du CH. Et de toutes les prédictions que j’ai vues passer (et on parle de beaucoup), une seule personne mettait Montréal vainqueur en 5. Techniquement, seule cette personne peut être déçue de la défaite d’hier. D’autant plus qu’une défaite en prolongation, ça tient toujours d’une quelconque malchance, parlez-en au Lightning…

Sept match, ça veut dire 4 victoires, bien sûr, mais aussi 3 défaites. Nous en sommes à deux maintenant, et vous connaissez le goût du drama de vos hommes.

Bref, je n’ai qu’une chose à dire. Après 4 matchs l’an dernier, Washington menait la série 3-1.

Voilà

Docteur CH

L’avant-match en une statistique…

21 avril 2011

En prévision du match de ce soir, quatrième de la Série, voici une nouvelle formule, la statistique qui pourrait influencer le match.

La statistique d’avant-match : 56,9%.

56,9%, c’est l’efficacité de Jeff Halpern sur les mises en jeu cette saison.

Eh oui, Halpern est peut-être un des joueurs les moins payés du CH, mais il existe une corrélation inverse entre son rang salarial dans l’équipe et son impact sur celle-ci.

Ainsi donc, ce 56,9% d’efficacité au cercle de mise en jeu place Halpern parmi le top 10 de cette saison pour les joueurs ayant pris part à au moins 500 mises au jeu. Il s’agit déjà en soi de tout un exploit.

En quoi cette statistique aidera-t-elle?

Premièrement, nos deux premiers centres sont loin de brûler la ligue au cercle : Plekanec (44,8%) et Gomez (33,3%) se font carrément manger par Bergeron (65,4%) et Krejci (55,3%). En réintégrant Halpern, Jacques Martin peut donc lui déléguer certaines mises au jeu importantes, et ainsi décharger un poids des épaules de ses premiers centres, qui pourront se concentrer sur les mises au jeu en territoire offensif. Et  comme on ne perd que très peu la rondelle, autant en prendre possession le plus tôt possible.

Deuxièmement, Halpern pourra jumeler sa précision sur les mises en jeu à son assiduité en désavantage numérique et prendre la place de Plekanec sur la première vague en infériorité. J’aime beaucoup Plekanec, mais il n’est pas (encore?) Pavel Datsyuk, il ne peut pas se permettre d’être le troisième joueur le plus utilisé sur le désavantage numérique. Ses 3 minutes par match à court d’un homme, qui plus est contre un club qui possède plusieurs atouts offensifs, entament sa capacité et son focus offensif.

Oui, Plekanec fait très bien l’affaire en désavantage numérique. Le Canadien est le seul club a ne pas avoir accordé un but en désavantage en Séries. C’est très solide. Mais avec le retour de Halpern, les énergies de Plekanec doivent être mises avant tout sur l’attaque. On a vu comment, outre-Chara, la défensive du Boston a de la difficulté à contenir notre vitesse. En leur envoyant Gomez-Gionta et Plekanec-Cammalleri alternativement, cela mêlera les cartes de Claude ‘Humpty Dumpty’ Julien et le forcera à opposer un de nos duos à des gars comme Boychuk ou Kaberle, ce qui entraînera des pénalités et, par extension, des buts.

En plus, les joueurs du CH sont d’accord pour libérer Plekanec d’une partie de sa mission défensive. La preuve? Du 21e rang de la LNH (13,4 minutes de pénalité par match), le Canadien est passé au 4e rang en Séries (10,7 minutes de pénalité par match). En termes clairs, on parle de 3 minutes de moins à court d’un homme, un power-play et demie.

Mise au jeu dans 3 heures, P’tit Buck dans 2…

Docteur CH

Le match en une stat (3e match)

19 avril 2011

Lundi 18 avril 2011, Victoire de Boston 4-2 à Montréal.

La statistique du match : 0,875.

C’est le pourcentage d’arrêt de Carey Price. 3 buts sur 24 tirs. Drôlement, cette statistique fait ressortir deux points qui n’ont rien à voir avec Carey et enlèvent de sur ses épaules la responsabilité de la défaite : le débalancement de la défensive et l’efficacité de cette même défensive. Toute est dans toute, disait Robespierre.

Sur le but de Krejci (0:18), Hamrlik se fait prendre à ligne bleue, sa position n’est pas couverte et Spacek se retrouve seul pour couvrir Bergeron et Krejci, qui sont loin d’être jambons.

Sur le but de Horton (1:11), la mêlée devant le filet crée les conditions gagnantes pour le passage de la gratte. Les gars semblent complètement perdus et Boston compte un but d’acharnement, qui vaut autant qu’un but de talent.

Sur le but de Peverley (1:53), on peut mettre la faut sur la sortie ratée de Price, mais il demeure que Peverley et Recchi sont seuls devant le filet. Je veux bien que Carey soit très bon avec la rondelle, mais lorsque le gardien sort de son filet, la réussite de l’entreprise dépend à 50% de la communication avec les défenseurs sur la position des joueurs adverses. Disons que sur ce but, Carey s’est un peu excité, et que la malchance l’a puni.

À l’opposé, presque tout le reste du match, y compris en avantage numérique, Boston est obligé de tirer de la périphérie. C’est la difficulté avec un système de jeu complet. Lorsqu’il fonctionne, comme c’est le cas 95%, le CH accorde 25 tirs à l’équipe qui a terminé au 3e rang de la LNH cette saison avec 32,9 tirs par match. Lorsqu’il connaît une défaillance, même mineure, le système repose alors sur la performance du gardien. Malgré ses extraordinaires performances, Carey ne peut tout arrêter et peut même commettre des erreurs parfois. Dans le cas du match d’hier, il y a eu concordance entre les défaillances du système et les parenthèses non-extraordinaires de Price.

Bref, Boston a besoin d’un alignement ésotérique pour compter des buts…