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Ça sert à quoi, un gardien?

25 avril 2011

En échangeant avec un collègue de pool, j’ai entamé une réflexion…

Il existe des modes dans le hockey. Des modes qui influencent les directeurs-généraux et les amateurs dans leur vision de comment un club doit être construit pour gagner.

En 2007, après la victoire d’Anaheim, quelques DGs ont essayé, sans succès, de construire un alignement calqué sur celui des Ducks : rapide et agile tout en étant robuste et défensif.

L’an dernier, la randonnée du Canadien en Séries a démontré l’importance du système de jeu et de l’emphase sur la responsabilité en défensive. Après avoir goûté à la médecine du CH en avril passé, Washington a décidé cette saison de délaisser le tout-à-l’attaque pour faciliter la tâche de leurs défenseurs et gardiens.

Encore l’an dernier, deux gardiens peu expérimentés dans la LNH (Michael Leighton et Antti Niemi) se sont affrontés en Finale. Cela a donné des idées à certains directeurs-généraux, au point où les quatre gardiens s’étant rendus le plus loin en Séries (Leighton, Niemi, Nabokov et Halak) ne faisaient plus partie de l’alignement de départ de leur équipe au début de la saison actuelle.

Alors, est-ce seulement une mode passagère ou est-ce que la présence d’un gardien qui, pour citer Christian Bégin, est ‘correct, sans plus’ est suffisante pour aspirer aux grands honneurs? Les résultats jusqu’ici en Séries sont probants :

Trois équipe ont remporté leur série de première ronde : Washington, Detroit et Nashville. Or, parmi les meneurs pour le pourcentage d’arrêts en Séries, les gardiens de ces trois formations se retrouvent aux rangs 2 (Neuvirth à Washington), 11 (Howard à Detroit) et 17 (Rinne à Nashville). Comme quoi une formation peut remporter sa série sans nécessairement connaître une grande performance dans les buts.

À l’inverse, parmi les leaders au niveau du pourcentage d’arrêts (Neuvirth, Roloson, Price, Boucher, Thomas), seul Neuvirth a terminé sa première ronde. Comme quoi une performance éblouissante du gardien n’assure aucunement la victoire. Parlez-en à Buffalo, avec les deux blanchissages de Ryan Miller, qui n’ont aucunement empêché la tenu d’un septième match.

Et au niveau financier, sept des dix meilleurs gardiens en Séries gagnent 3 millions ou moins par année.

Il ne s’agit bien sûr ici que d’une courte analyse. Il est clair que les trois gardiens ayant remporté leur série n’avaient pas un vis-à-vis dominant, comme dans le cas des affrontements Price-Thomas ou Miller-Boucher. Je cherche seulement à démontrer que le ‘paradigme de Patrick Roy’ est en train de s’estomper au profit du ‘paradigme de Nashville’, selon lequel une équipe comprenant plusieurs bons joueurs motivés et respectueux du plan de match pourra toujours venir à bout d’une puissance offensive, et par le fait même gonfler les statistiques du gardien puisque plusieurs tirs accordés seront inoffensifs.

Docteur CH